
Turquie : enquête sur des liens éventuels entre soldats et rebelles kurdes
Vendredi 23 juillet 2010 à 14h51
"Le procureur de l'état-major poursuit son travail (...) pour réunir d'éventuelles preuves sur cette question", a déclaré le porte-parole de l'armée, le général Metin Gurak, dans des déclarations reproduites sur le site internet de l'armée.
Un article publié la semaine dernière par le journal Bugün a plongé dans une situation embarrassante l'armée turque, qui est déjà sur la sellette, après l'ouverture de procès ou l'annonce de l'inculpation de nombreux militaires, accusés de complot contre le gouvernement islamo-conservateur.
Le journal a reproduit des extraits d'enregistrements de conversations téléphoniques entre deux officiers, en 2007, dans lesquelles les rebelles kurdes sont mentionnés par le terme "nos gars".
L'interlocuteur se plaint du fait que les pertes sont nombreuses dans les rangs des rebelles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), du fait de l'utilisation d'un drone par l'armée.
L'officier demande que l'itinéraire du drone soit modifié, et l'autre officier répond : "Nous allons voir ce que nous pouvons faire".
Le Général Gurak a annoncé que les autorités militaires avaient ouvert une enquête immédiatement après avoir reçu les bandes des écoutes téléphoniques envoyés par les services de renseignement, en octobre 2007.
Il a nié que l'armée ait traîné les pieds dans cette enquête, invoquant des difficultés à déterminer l'identité des militaires impliqués.
Le seul drone utilisé par l'armée turque à l'époque avait été loué à Israël et était basé à Batman (sud-est), a précisé le général Gurak.
L'armée turque combat le PKK depuis qu'il a pris les armes en 1984 pour obtenir l'autonomie du sud-est de la Turquie, dont la population est en majorité kurde. Le conflit a fait plus de 45 000 morts.



